Le dimanche matin j'aime bien prendre l'air, sauf quand il pleut.
La pluie j'aime la regarder tomber à travers la fenêtre ou sentir son odeur au printemps ou en été quand elle tombe sur le tarmac chaud.
Marcher un peu pour se remettre les idées en place et faire le bilan sur les questions existentielles de la veille. Je préfère me les poser le samedi, le dimanche soir c'est trop cafard j'arrive à penser à rien, sauf au lundi matin.
Hier entre deux verres, j'ai remis sur le tapis ma question de la semaine.
Comment définir l'alcoolisme? Les plus pragmatiques m'ont répondu: "c'est quand on sent venir l'addiction qui en fait est déjà là mais on se refuse à payer la note". Ouais...serveur! la note! bonne nuit.
Boire lourdement et en permanence, ne jamais être dans un état dit "normal".
Scientifiquement je dirais que quand la vision se trouble plus de 3 fois par semaine (hors weekend) on atteint un degré raisonnable sur l'échelle de Bukowski. Certes cela permet toutefois de pouvoir dire à certaines personnes ce que l'on pense tout bas. Je ne suis pas courageux quand je suis sobre. Mais est ce bien sérieux?
J'ai demandé autour de moi si c'était choquant de voir quelqu'un boire une bière tout seul dans la rue?
Ca dépend de l'heure, ca dépend de la tête de la personne, ca dépend de la saison, ca dépend de la ville et ca dépend surtout de la bière!
Si les allemands n'ont pas la même approche que nous, malgré leur rigueur, il est mal vu en société française de taquiner de la canette tout seul dans un lieu public. On n'arrêtera jamais les jugements hâtifs.
Que vous diriez vous si vous voyiez quelqu'un jouez au rubiks cube en marchant (que c'est un geek)? Que vous diriez vous si vous voyiez quelqu'un en pyjama et en charentaise faire ses courses (qu'il n'est pas propre sur lui ou qu'il habite au dessus)?
Un certain nombre de gens ne boivent pas, je devrais peut être leur demander leur avis sur la question mais j'ai toujours peur de tomber sur un intégriste de la pureté: je sais que la conversation n'ira pas bien loin. J'en ai connu, il y a rien de plus emmerdant à écouter: soporifique à souhait. Quitte à choisir je préfère regarder un best of de Patrice Carmouze. Au moins il me fera rire.
Sans vouloir m'égarer, c'est un sujet qui fait parler parce que on nous a dit que c'était mal, qu'on nous appris les règles de la bienséance et santé
L'OMS définit l'alcoolisme comme une maladie et le définit comme des troubles mentaux et troubles du comportement liés à la consommation d'alcool, ce que l'on ne retrouve pas avec le jus d'orange quoique certains sont aussi cons alors qu'ils ne boivent que du nectar de fruit.
Cette perte de contrôle s'accompagne généralement d'une dépendance physique caractérisée par un syndrome de sevrage à l'arrêt de la consommation, une dépendance psychique, ainsi qu'une nécessité d'augmenter les doses pour obtenir le même effet.
Il ne faut donc pas déconner avec ces choses là, vous en conviendrez.
J'ai eu plus de mal à me dépatouiller de mon deuxième problème et soyons honnêtes, bien plus important.
(Quoique il y a la question de savoir si j'adopte des chats, c'est une autre paire de manche.)
Ma question reste paradoxale, je vous la donne en mille, en passant comme d'habitude par quatre chemin. Essayez de suivre je vous en prie:
Je pars du principe que j'aurais des enfants un jour.
Je suis végétarien depuis pas mal de temps maintenant, c'est un choix éthique sur lequel je vais pas m'étendre ici (d'autres le font mieux que moi) mais si ca vous intéresse on en débattra autour d'une bière ou ce que vous prendrez.
Je sais qu'il est possible d'élever un enfant avec un régime végétarien. (Ah oui les végétarien(ne)s ne mangent pas que de la salade et des carottes...) J'y crois dur comme fer malgré les avis de certains scientifiques qui doivent avoir des actions dans le cours du steak bovin ou du nugget de gallinacé.
Je décide pour mon gamin qu'il ne recevra pas dans son éducation l'éveil à la viande et au poisson. Pourtant le code de l'alimentation en vigueur a plus pris du coté chasseur que du côté cueilleur de notre passé paléolithique.
En faisant cela je sais qu'il sera montré du doigt, qu'il suscitera un certains nombre d'interrogations. Je pense à la cantine, aux parents des autres enfants quand il sera invité à un goûter (il y a toujours des chances qu'un bout de saucisson traîne).Qu'il n'évitera pas les jugements et j'ai peur pour la construction psychique du gosse dans une société qui n'est en fait pas prête à accepter la différence. (Je vous épargne ici l'héritage culinaire de la France, ses traditions, ses valeurs qui fait que le végétarisme à plus de mal à percer-perçu bizarrement aussi- que dans d'autres pays)
Je me dis aussi que j'impose quelque chose à mon gamin alors qu'il n'est pas encore apte à réfléchir à tout ca.
C'est la guerre dans ma tête hein! Et donc mon coté végétarien convaincu et probablement définitif s'insurge face à la réalité du modèle imposé. Pourquoi n'en serait il pas autrement? Pourquoi ne pourrait il pas grandir végétarien alors que c'est bon pour lui? (Mais c'est moi qui décide que c'est bon pour lui, parce que c'est bon pour moi).
Reste un carcan difficilement franchissable, celui de l'avancée du végétarisme dans la conscience collective. Ca avance mais cela reste marginal (si je vais au restaurant je sais que neuf sur dix, ca sera cuisine du monde)
Reste un carcan difficilement franchissable, celui de l'avancée du végétarisme dans la conscience collective. Ca avance mais cela reste marginal (si je vais au restaurant je sais que neuf sur dix, ca sera cuisine du monde)
Dans tous les cas, il est nécessaire de communiquer, d'expliquer et de développer la conscience de l'enfant.
La question sur le sujet reste ouverte.
Pour ceux que ca n'a pas intéressé voila deux remarques plutôt recevables:
-Personne ne réagit, mais comment expliquez vous que le valse n°2 de Chostakovitch ai été utilisée pour une compagnie d'assurance ou je sais plus trop quoi avec diffusion publicitaire à outrance. Mais merde comment se fait il qu'on laisse faire des choses pareil? Ca devrait au moins être écrit en gros au début de la pub:
Chostakovitch prenez note les enfants.
-Comment pleurer les pertes monumentales de l'industrie du disque quand on laisse à la portée de tout le monde le nouveau disque de Nolwen Leroy? Et puis qui lui a dit que chanter en breton était une bonne idée? Il ne faut donc pas s'étonner.
Je vous laisse à vos propres questions. On est plein d'angoisses, on est plein de blessures, personne n'y échappe.